Author Archive for Fabienne

un projet 3ème type : MANa

Un peu de copinage, inévitablement, les personnes impliquées dans la pédagogie troisième type ne sont pas si nombreuses, et nous nous connaissons tous plus ou moins :-)

J’ai donc le grand plaisir, tant militant qu’amical, de relayer l’annonce suivante :

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Voici un projet qui participe à l’émergence de nouvelles dynamiques de construction !

Le projet MANa est un projet d’ouverture d’école primaire, d’un centre de formation, d’ateliers et conférences sur le thème de l’éducation.

A l’époque actuelle, où les questionnements sont nombreux autour de cette thématique, MANa offre un espace d’échange pour accompagner cette réflexion avec une approche intégrée par l’expérience.

Voici un nouveau système de collecte collective, kisskissbankbank, c’est le mécénat de particuliers.

http://www.kisskissbankbank.com/mana-maison-des-apprentissages-naturels?ref=search

En cliquant sur ce lien, vous pouvez déposer un don (1 ou 2€…avec ou sans zeros) qui ne sera effectif que s’ils atteignent la somme visée, sinon, tous les fonds retournent à leurs donateurs.

féministes ET maternantes

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Ça fait un moment qu’on le dit : maternage et féminisme sont non seulement compatibles, mais l’un peut mener à l’autre et réciproquement.

Bien entendu, cela implique une vision du féminisme très différente de celle de E. Badinter, se rapprochant nettement plus de celle de Sarah Blaffer Hrdy ou de Nancy Huston.

(Mais qui croit encore à la sincérité de Badinter ? Celle qui, d’un coté amasse une fortune via la publicité pour les producteurs de lait en poudre, et de l’autre dénigre l’allaitement en termes très violents ?)

Les discours à la Rufo ou à la Naouri, d’inspiration ultra-patriarcale, sont d’une misogynie particulièrement choquante dans la bouche de médecins. C’est pourquoi nous avons particulièrement apprécié ce texte de la bloggeuse L’Elfe : Ne le Prends pas dans tes bras. Elle explique très bien comment tout ceci s’articule : patriarcat, oppression des femmes et des enfants, refus du maternage…

Un immense merci à elle !

Appel : nommer le harcèlement scolaire

Un enfant sur dix est victime de grandes violences à l’école : coups, humiliations, racket, rumeurs, …
Le plus souvent dans l’indifférence totale, car les adultes présents ne détectent pas toujours la gravité de ces actes et ne réalisent pas les dégâts qu’ils peuvent entrainer chez les victimes.
Sans parler de la leçon apprise par les bourreaux, qui interprètent cette indifférence comme un consentement tacite, reproduisant peut-être en cela le modèle de la violence éducative décrit par Olivier Maurel.

Nommer pour mieux dénoncer !

On ne peut bien lutter que contre ce qui est clairement identifié. Les anglo-saxons utilisent un terme parfaitement adapté, facile à prononcer, intégré au langage des enfants. “Bully”, qui désigne le harceleur, et “to bully” qui désigne l’acte d’harceler, décrivent si bien les persécutions physiques et psychologiques qu’ils ont donné lieu à des représentations populaires :

Buford harcèle Baljeet dans "Phineas & Ferb"

Buford, le bully type, harcèle Baljeet dans "Phineas & Ferb"

Tous les héros de Big Bang Theory ont subi le harcelement scolaire (sauf Penny, qui était bully))

Tous les héros de Big Bang Theory ont subi le "bullying" (sauf Penny bien entendu)

La série Glee présente toutes les formes de harcèlement scolaire

La série Glee présente toutes les formes de "bullying"

Appel à contributions :

En français, le terme “harcèlement scolaire” manque d’efficacité lexicale et semble voué aux circulaires et aux salles des profs. Il nous manque un mot, simple, percutant, que les enfants peuvent utiliser pour nommer et alerter. Proposez vos idées !

Néologisme, recyclage d’un mot d’ancien français, détournement d’un terme existant, tout est possible.

Quelques exemples :
Inspirés de l’ancien français :
Bourrel, celui qui tourmente
Tabuseur, ou bien Tabusteur, qui cause soucis, celui qui importune (d’après Rabelais). Le premier terme est relié à Abuseur, un mot bien identifié par les enfants

Détournement :
Taraud, celui qui taraude

Recyclage :
Molesteur, celui qui attaque, harcèle, moleste

Soyez créatifs, soumettez-nous vos termes les plus accrocheurs, les plus parlants.
Nous aurons le plaisir d’offrir un abonnement de six mois au magazine Grandir Autrement à l’auteur/e du mot qui nous aura le plus impressionnées !

Les parents d’enfants autistes posent nus pour faire entendre leur désarroi

Un calendrier avec des hommes et des femmes qui posent nus, voila une publication inhabituelle pour les Éditions l’Instant Présent. Pourtant, quand Magali Pignard nous a parlé de ce projet, nous avons accepté tout de suite. L’humour est la politesse du désespoir, et nous savons que la situation de ces famille est souvent tragique. Les services médicaux sont dans leur majorité ignorants des approches qui permettent d’aider ces enfants à aller mieux, les pouvoirs publics ne mettent pas en application les lois qui sont votées, et les parents n’ont d’autres choix que de se débrouiller seuls, comme ils le peuvent, en montant des structures privées, en se professionnalisant…

Le calendrier est terminé, parti chez l’imprimeur, on peut d’ores et déjà l’acheter et le recevoir à temps pour l’offrir à Noël. Les bénéfices sont intégralement reversés à une association de défense des droits des personnes autistes : Autisme Droits.

un papa se met a nu pour aider ses enfants

un papa se met a nu pour aider ses enfants

Voici ce qu’en dit Magali sur son blog :

“C’est venu d’une plaisanterie sur facebook : en guise de photo de profil, j’avais mis une photo tirée d’une vidéo dans laquelle je chantais toute nue, suite à un promesse que j’avais faite en public. (aïe aïe, moi et mes promesses ! ) Une personne a commenté en plaisantant : « Un calendrier en faveur des associations sur l’autisme ? » [...] Quand on a un enfant autiste, on perd beaucoup de choses, et pas seulement nos vêtements ! On perd le droit au travail, très souvent pour un des parents, qui doit assurer la prise en charge de son enfant. On perd le droit de choisir le type de prise en charge pour notre enfant, puisque l’État ne met à disposition pratiquement que des pratiques au mieux occupationnelles, au pire psychanalytiques (psychothérapie institutionnelle, pataugeoire, packing…)”

Olivier Maurel à la une de Psy.Be

Avec cette puissante phrase d’introduction :

“A lire absolument car la violence infligée aux enfants produit des adultes coupés de leur enfance et qui, pour cette raison, sont aveugles à toute une part de la réalité.”

http://www.psy.be/famille/fr/ensemble/livre-violence-educative-olivier-maurel.htm

Enquête aux Archives Freud

Nous profitons du calme de l’été pour avancer nos projets éditoriaux à grands pas. Parmi ces projets, je suis particulièrement heureuse de la (ré)-édition du livre de Jeffrey Masson sur la psychanalyse. L’édition 2012 est largement augmentée par rapport à l’édition 1984, le matériel présenté est particulièrement intéressant.

La traduction approche de sa fin, la souscription est ouverte. En attendant, je ne résisterai pas au plaisir de régulièrement partager sur ce blog nos impressions (ce livre suscite de nombreux échanges au sein de notre équipe) et quelques extraits du texte.

Voici pour commencer un dialogue issu de nos échanges par e-mail, et qui vous donne un aperçu de ce dont traite le livre…

Emma Eckstein

Emma Eckstein

Question :
Je ne comprends pas trop l’histoire d’Emma Eckstein.  Elle était suivie par Freud pour hystérie et avait un problème dans la cavité nasale, c’est bien cela ? Il est écrit quand même que ses lésions avaient une odeur fétide Oo
Alors, je ne comprends pas pourquoi on parle des deux choses, ses lésions d’une part, et du fait qu’elle était traitée pour hystérie… Les deux peuvent être liés ?

Réponse :
De ce que j’ai suivi, Emma Eckstein était effectivement suivie pour hystérie (En fait, cycles irréguliers et douleurs abdominales ! Soit-disant causées par la masturbation, ah ah ah, bref). Fliess, l’ami de Freud, qui était ORL, a trouvé un lien anatomique entre le nez et les organes sexuels, et il était supposé pouvoir guérir les troubles sexuels ou liés aux organes sexuels par une opération du nez… Opération que la pauvre Emma Eckstein a subie. Fliess a oublié un pansement dans son nez, d’où pas de guérison, infections (et odeur !), hémorragie and co (Fab dit que Emma Eckstein était en plus hémophile, et peut-être souffrait d’endométriose). Elle a failli y rester plusieurs fois, elle a été défigurée par l’opération, et bien entendu aucune amélioration de ses autres problèmes. D’autres médecins l’ont soignée in extremis, et il y a eu un mic-mac entre Freud et Fliess d’un coté et les autres toubibs de l’autre coté, concernant l’erreur médicale patente que Freud refuse d’imputer à son ami Fliess, qui lui-même refuse de la reconnaitre.
A noter quand même qu’on trouve des passages de médecins contemporains, cités dans les lettres de Freud/Fliess (ou des références à eux), médecins qui ont critiqué les livres de Fliess et ses théories hallucinantes sur les liens nez-organes génitaux, donc même à l’époque, certains avaient malgré tout du bon sens…

La fessée comme facteur de développement des troubles psychiatriques

Une étude sortie dans la revue scientifique Pediatrics montre que les personnes qui ont reçu des châtiments corporels (en l’absence de toute forme de violence spécifiquement non éducative) présentent plus de risques de développer des troubles mentaux a l’âge adulte. Les chiffres sont faibles (2 à 7% d’augmentation du risque, à l’échelle de la population, ça n’est pas anodin du tout) mais semblent néanmoins suffisamment bien contrôlés pour être fiables. 1849_-_karikatur_die_unartigen_kinder(wikipedia)-p

On peut lire ici un commentaire sur un blog hébergé par Le Monde.

Là encore, c’est une information qui mériterait d’être prise en compte par les Sciences Humaines, ainsi que l’indique Olivier Maurel dans son dernier ouvrage, à paraitre bientôt !

Soutien à Sophie Robert, “Le mur”

Vous vous souvenez sans doute des deux scandales associés au film “le mur”, réalisé par Sophie Robert.
lemurheaderLe premier scandale est lié au contenu du film : on y voit des psychanalystes manquant singulièrement de connaissances médicales défendre un point aussi dépassé que criminel sur la prise en charge et l’étiologie de l’autisme.

Car c’est là que vient le second scandale : il s’agit du procès que trois psychanalystes interviewés dans le documentaire ont intenté à Sophie Robert, l’accusant d’avoir déformé leurs propos. Cette accusation semblait ridicule parce qu’une immense majorité de parents d’enfants autistes peuvent (et ont) témoigner que les propos tenus dans le film reflètent avec précision les propos qu’ils ont pu entendre lors de consultations. Pire encore, des rushes non inclus dans le film montrent une plaignante tenir un discours bien plus inquiétant que ceux inclus dans le film (rush au cours duquel elle accuse effectivement les mères d’avoir causé l’autisme de l’enfant). Ces rushes, fournis au juge qui traitait ce dossier, n’ont pas été considérés et Sophie Robert a perdu le procès ! Même les associations de journalistes ont été bouleversées par un jugement aussi révoltant et ont argué que c’était la liberté de presse qui était bafouée.

Sophie Robert souhaite continuer son travail. Il y lui reste une grande quantité de matériel vidéo tout aussi fascinant sur la psychanalyse, qu’elle projette de monter en trois documentaires supplémentaires. Malheureusement, ce procès lui a couté une petite fortune, et elle a besoin de fonds pour continuer son travail. On peut lui faire un don, voire devenir coproducteur des films à venir. Même les tenants sincères de la psychanalyse ne peuvent qu’encourager ce travail de dénonciation. Ainsi que le déplorait déjà Sandor Ferenczi, un des disciples les plus proches de Freud, de nombreux psychanalystes manquent de rigueur, d’éthique, et se drapent trop souvent de jargon incompréhensible pour masquer leur hypocrisie et leur indifférence (voire leur mépris) vis-a-vis de leurs patients.

Vous pouvez participer à ce projet en faisant un don ou en devenant co-producteur de la série.

Violence lors de l’accouchement : campagne d’Amnesty International

img_web_0viewAmnesty International a lancé une campagne virale aussi originale que nécessaire : une vidéo dénonçant des conditions d’accouchement  violentes en Uruguay devait atteindre “zéro vues” sur internet. Une formule rhétorique bien entendu, puisque l’objectif était véritablement que 44000 personnes voient cette vidéo, le compteur décrémentant de 1 à chaque visionnage, au lieu de l’augmenter.

44000, c’est aussi le nombre de femmes qui donnent naissance chaque année en Uruguay.

L’objectif d’Amnesty a été atteint. On peut néanmoins toujours regarder cette vidéo sur leur site. La partie la plus désolante de cette histoire, c’est qu’il est bien inutile de chercher au bout du monde des exemples de mauvais traitements dans les maternités : nombre de femmes françaises y reconnaitront sans peine les conditions de leur propre accouchement. Tout ce qui a été dénoncé (notamment dans nos livres : “le bébé est un mammifère“, “passage de vies“, “curiosités des l’enfantement“) s’y trouve : le corps de la femme traité comme un objet, remarques infantilisantes (”vous avez vraiment assisté aux cours de préparation à la naissance ?”), humiliantes (”Coopérez, coopérez !”), culpabilisantes (”vous voulez perdre le bébé ?”), tout ce qui peut contribuer à rendre un accouchement difficile est là. La fin de l’histoire est hélas sans surprise : la maman, soumise à un tel stress, ne pouvant pas dilater assez vite du point de vue du médecin, est envoyée au bloc pour une césarienne…

0 Views: Un video que deberíamos dejar de ver. from Amnistía Uruguay on Vimeo.

 

savon pour bébé et marijuana…

… n’ont a priori rien en commun ?
Et bien si !
Une étude vient de montrer que des traces de savon industriel pour bébé peuvent rendre positif un test de dépistage urinaire du THC.

Un savon qui fait tripper sans THC (photo LYJAZZ)

Un savon qui fait tripper sans THC (photo LYJAZZ)

Ce qui nous pose deux questions :

-1- Pourquoi rechercher des traces de marijuana dans l’urine des bébés ? On apprend que 10 à 40% des bébés nés dans cet hôpital de Caroline du Nord (USA) sont testés chaque mois -avec l’accord des parents ?- car un test positif démontre que la mère a été exposée à de la fumée de marijuana, ce qui ouvre une enquête des services sociaux. On notera que l’article précise que ces tests urinaires sont menés sur les bébés de familles “à risque”, sans préciser la nature des risques.

-2- Mais que mettent-ils donc dans leur savon “pour bébé” ??? Les marques incriminées sont des grands classiques de la consommation de masse états-unienne, on les trouve dans tous les foyers : Johnson & Johnson’s Head-to-Toe Baby Wash, J&J Bedtime Bath, CVS Night-Time Baby Bath, Aveeno Soothing Relief Creamy Wash and Aveeno Wash Shampoo. Ca fait peur ! On notera qu’il n’est pas fait mention du principe de précaution et qu’il serait raisonnable d’envisager de ne plus utiliser de tels savons industriels sur des nouveaux-nés…

Vivent les savons d’artisans, et vivent surtout les savons maison, comme les superbes productions dont regorgent les blogs, comme celui de Lyjazz.